L’asthme sévère, un asthme pas comme les autres

L’asthme sévère n’est pas un asthme pas comme les autres en raison du fardeau qu’il représente pour les patients atteints. En effet, les patients atteints d’asthme sévère connaissent des exacerbations en moyenne 5 fois plus fréquentes et sont davantage hospitalisés1. Par ailleurs, il existe différents types d’asthme sévère dont l’asthme à éosinophiles qui possède ses propres caractéristiques2.

Les symptômes de l'asthme sévére

Qu’est-ce qu’un asthme sévère ?

La sévérité de l’asthme est évaluée par les traitements nécessaires pour contrôler la maladie. L’asthme est dit « sévère » lorsqu’il nécessite un traitement à dose élevée de corticostéroïdes inhalés, associés à un autre traitement de fond pour prévenir la perte de contrôle (crises d’asthme, réveils nocturnes…) ou lorsqu’il reste non contrôlé malgré ces traitements3. Il correspond à la forme la plus grave de l’asthme.

L’asthme sévère se caractérise donc par la persistance des symptômes d’asthme de manière quotidienne et/ou la survenue d’exacerbations répétées malgré un traitement de fond à doses fortes bien suivi3. Il se manifeste par l’association de :

  • Symptômes quotidiens, le jour et la nuit ;
  • Une limitation importante des activités physiques quotidiennes ;
  • La survenue d’exacerbations répétées ;
  • Une obstruction bronchique lors de la mesure du souffle.

Si l’asthme n’est pas correctement contrôlé, une crise d’asthme peut être fatale1. De plus, le recours à la corticothérapie orale, notamment lorsqu’il s’agit d’une prise au long cours, expose les patients à des effets indésirables parfois graves, notamment cardiovasculaires, endocriniens, cutanés ou osseux, et doivent inciter à un suivi régulier4.

Aujourd’hui, certains patients qui présentent un asthme potentiellement sévère ne sont pas suivis par un spécialiste : cette consultation avec un pneumologue est importante pour poser le diagnostic et permettre aux patients de bénéficier d’un traitement adapté. Depuis l’arrivée des biothérapies ciblées, les pneumologues ont en effet de nouvelles solutions pour alléger le fardeau5.

L’asthme sévère, une épreuve au quotidien

L’asthme sévère a donc des répercussions importantes sur la vie personnelle des patients: 77% des malades ne peuvent plus suivre d’activité physique et 30,9% souffrent de dépression1. Il a également des conséquences sur la vie professionnelle : opportunités professionnelles manquées pour 20% des patients6, arrêts de travail répétés7. En raison de sa sévérité, la maladie a donc des conséquences négatives sur la qualité de vie des personnes et peut provoquer des situations d’isolement8.

Asthme handicapant
L'asthme Eosinophile sévére

L’asthme à éosinophiles,
un type d’asthme sévère

L’asthme sévère est une maladie hétérogène qui présente des variantes également appelées « phénotype ». Un des phénotypes les plus fréquents est l’asthme à éosinophiles qui représente 55% des asthmes sévères9. Il se caractérise par une inflammation des bronches liée à un type particulier de cellules : les éosinophiles. Ce sont des cellules multifonctionnelles jouant notamment un rôle modulateur de la réponse immunitaire. Les éosinophiles sont donc un type de globules blancs qui circulent normalement dans l’organisme. Cependant, chez certaines personnes asthmatiques, ces cellules sont présentes en trop grand nombre dans les voies aériennes et vont provoquer l’inflammation des poumons10. Par ailleurs, elles peuvent jouer un rôle dans la survenue de lésion à plus long terme10.

Lorsque la personne asthmatique est en contact d’un ou de plusieurs facteurs déclencheurs (par exemple : le pollen, la poussière, les moisissures, etc.), les éosinophiles vont s’activer et amplifier l’inflammation des voies respiratoires.

Découvrez comment les éosinophiles entrainent une inflammation des voies respiratoires chez les personnes atteintes d’asthme éosinophilique

Un taux élevé de cellules éosinophiliques dans le sang est un indicateur d’une aggravation des symptômes de l’asthme, d’une fonction respiratoire impactée et des exacerbations plus fréquentes11. Ainsi, pour identifier un asthme éosinophilique, une analyse sanguine est à faire afin de mesurer le taux d’éosinophiles. Si vous pensez que vous pourriez souffrir d’un asthme éosinophilique, parlez-en avec votre médecin. En effet, l’identification du type d’asthme permet de prendre en compte l’ensemble des caractéristiques de la maladie et d’adapter la stratégie thérapeutique le cas échéant.

N’hésitez pas à consulter la page suivante >

1Livre blanc asthme & inégalités, SPLF, Nov 2020

2Sofia Temam. Déterminants sociaux et asthme : approche épidémiologique. Santé publique et épidémiologie. Université Paris-Saclay, 2017. Français. NNT : 2017SACLS110. tel-01821462

3Chung KF, et al. International ERS/ATS guidelines on definition, evaluation and treatment of severe asthma. Eur respir J 2014;43:343-73

4Consequences of long-term oral corticosteroid therapy and its side-effects in severe asthma in adults: a focused review of the impact data in the literature, Volmer et al., Eur Respir J 2018; 52: 1800703

5C. Raherison, A. Bourdin, P. Bonniaud, G. Deslée, G. Garcia, C. Leroyer, C. Taillé, J. De Blic, J.-C. Dubus, I. Tillié-Leblond, P. Chanez, Mise à jour des recommandations (2015) pour la prise en charge et le suivi des patients asthmatiques adultes et adolescents (de 12 ans et plus) sous l’égide de la Société de pneumologie de langue française (SPLF), Maladie respiratoire, 2016

6Dockrell M, et al. The limitations of severe asthma: the results of a European survey. Allergy 2007;62:134-41

7Bourdin A, et al. Impact de l’asthme sévère en France : une étude à partir de l’échantillon généraliste de bénéficiaires. Revue des Maladies Respiratoires 2018;35S:A3-A29

8Stubbs, M. A., Clark, V. L., & McDonald, V. M. (2019). Living well with severe asthma. Breathe (Sheffield, England), 15(2), e40–e49. https://doi.org/10.1183/20734735.0165-2019

9Schleich F, et al. Biomarkers in the management of difficult asthma. Curr Top Med Chem 2016; 16: 1561-73

10Possa, S. S., Leick, E. A., Prado, C. M., Martins, M. A., & Tibério, I. F. (2013). Eosinophilic inflammation in allergic asthma. Frontiers in pharmacology, 4, 46. https://doi.org/10.3389/fphar.2013.00046

11Price D. and all. Blood eosinophil count and prospective annual asthma disease burden: a UK cohort study. 2015